Indiana Jones V en gestation : spleen de l’amateur spielbergien

Hier, The Walt Disney Company a publié le communiqué de presse suivant :

« Indiana Jones will return to the big screen on July 19, 2019, for a fifth epic adventure in the blockbuster series. Steven Spielberg, who directed all four previous films, will helm the as-yet-untitled project with star Harrison Ford reprising his iconic role. Franchise veterans Kathleen Kennedy and Frank Marshall will produce.

“Indiana Jones is one of the greatest heroes in cinematic history, and we can’t wait to bring him back to the screen in 2019,” said Alan Horn, Chairman, The Walt Disney Studios. “It’s rare to have such a perfect combination of director, producers, actor and role, and we couldn’t be more excited to embark on this adventure with Harrison and Steven.” [Je vous épargne la suite].

Bien que nous n’en soyons qu’au stade du communiqué de presse (de l’eau peut encore couler sous les ponts), la perspective d’un cinquième Indiana Jones n’est guère réjouissante. Indiana Jones est un personnage devenu mythe cinématographique, qui a trouvé sa place au panthéon du cinéma pour services rendus. Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal (2008), qui exploitait complaisamment ce mythe au risque de l’effriter, était le plus mauvais film de Spielberg, d’une pauvreté d’inspiration et d’exécution indigne du cinéaste, et laisse craindre le pire pour ce nouvel épisode. A l’époque, on pouvait avec une certaine mauvaise foi blâmer George Lucas et prétendre que Spielberg avait cédé aux instances de son ami. Qui faudra-t-il blâmer cette fois (George Lucas est hors de cause, il a vendu Lucasfilm à Disney) ? Kathleen Kennedy, amie de longue date de Spielberg et présidente de Lucasfilm ? Non, c’est Spielberg qui fait ce choix et si ce projet devait se concrétiser, il ne ferait que confirmer qu’il semble avoir perdu son audace et son envie d’explorer de nouveaux territoires du début des années 2000 (même si Lincoln et Le Pont des Espions  sont de belles réussites et s’il n’a de comptes à rendre à personne après une telle carrière). Les plus philosophes entonneront l’air de L’Homme qui en savait trop d’Hitchcock (« Que Sera, Sera / Whatever will be, will be / The future’s not ours to see« ). Les plus indulgents feront remarquer que cette annonce survient dans un contexte de recyclages et de franchises à tout va à Hollywood et qu’elle reflète donc, hélas, l’esprit du temps.

Strum

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8 commentaires pour Indiana Jones V en gestation : spleen de l’amateur spielbergien

  1. modrone dit :

    L’idée n’est effectivement guère séduisante. Mais de toute façon c’est le cinéma entier qui bégaie bien souvent. Il n’y a qu’à regarder les prévisions de sorties. Bonne soirée.

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  2. Strum dit :

    Bonjour eeguab, oui en effet. A Hollywood, nous sommes plus encore qu’avant dans une période de franchises (avec notamment ces superhéros qui ont envahi nos écran) et de recyclages d’anciennes idées, comme si la révolution numérique avait ouvert une vanne qui va être difficile à refermer. Bonne fin de journée également.

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  3. Benjamin dit :

    Et si Harrison Ford pouvait un jour refuser de faire le vieux au milieu de folles aventures bâclées et finalement peu aimables… Et que penser du projet Blade runner en bonne voie (ou non)…

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  4. 2flicsamiami dit :

    On pensait notre brave Indy mit définitivement au frigo, mais non. Comme le dit camarade Modrone, le cinéma américain radote, non comme un vieillard tentant de faire revivre une ultime fois un glorieux passé qu’il ne souhaite voir disparaitre avec lui, mais comme un industriel dupliquant à la chaine les mêmes images.

    Mais ne vendons pas si vite la peau du vieil archéologue avant de l’avoir enterré…

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  5. princecranoir dit :

    De quel Indy parle-t-on ? Un vieillard qui n’en finit plus de lever les trésors archéologiques à la barbe des puissances totalitaires qui voudraient s’en emparer ? Je vois bien un Indy à Cuba cette fois, ou en Corée du Nord, dénichant quelque statuette oubliée aux pouvoirs stupéfiants. Avec des CGI, on fait des merveilles aujourd’hui, on peut même convoquer Tintin pourquoi pas, pour lui filer un coup de main. Dire qu’il reste des producteurs qui y croient encore…

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