Recyclages (et séries cinématographiques)

Alien : Covenant de Ridley Scott sort aujourd’hui sur nos écrans. C’est une suite de Prometheus, film au scénario incohérent qui était un prequel déguisé du premier Alien (le seul exceptionnel, celui de Scott en 1979). A l’automne, sortira Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve, dont on se demande bien ce qu’il apportera à Blade Runner, classique de la science fiction. Craignons plutôt qu’il ne lui ôte quelque chose en fondant l’univers de Blade Runner et celui d’Alien dans un seul ensemble à l’expansion semble-t-il infini. D’autres univers cinématographiques ont déjà été ressuscités récemment à des fins commerciales, avec plus ou moins de réussite : Mad Max (une réussite), Indiana Jones (un désastre), Star Wars (un remake), etc. Bientôt viendra un troisième remake de Spiderman en l’espace de quelques années.

Ce grand recyclage ne traduit pas qu’une créativité en berne à Hollywood. De plus en plus, il s’apparente au renouvellement de ces gammes de produits aux dates de péremption pré-programmées dont nous subissons l’attrait. C’est le fait de grands studios qui ne raisonnent pour l’essentiel qu’en termes de franchises, au risque de transformer l’essence première du cinéma (celle de la découverte d’un film et de son univers) qui se trouve rapproché davantage encore (du moins en ce qui concerne les films à gros budgets) du principe de la série. Certes, il y a toujours eu des serials et des séries B au cinéma (avec cette différence fondamentale qu’avant l’ère des blockbusters seuls de petits budgets leur étaient dévolus ; on sait aujourd’hui ce qu’il en est : les blockbusters aspirent la totalité des gros budgets au détriment des séries A d’antan). Mais prenons garde que cette façon d’étirer l’univers de certains classiques ne les endommage à force de vouloir les décliner en franchises. Scott, en décidant dans Prometheus et Alien : Covenant de lever tous les mystères laissés intelligemment irrésolus dans Alien, appauvrit par un trop plein explicatif l’univers qu’il a contribué à créer. Par ses expérimentations hasardeuses, il se conduit comme le robot David vis-à-vis de sa propre création. Il ne restera bientôt plus rien à en explorer par sa propre imagination.

On connait la réplique utilitaire à ces objections : ce recyclage d’anciens films permettrait de faire découvrir certains univers passés aux jeunes générations. Mais encore faudrait-il en tirer de bons films, ce qui n’est pas facile étant donné la double contrainte de trouver une histoire convaincante et surtout cohérente avec la première. A cela s’ajoute la difficulté supplémentaire de devoir créer à partir des outils numériques d’aujourd’hui un univers cinématographique qui ne jure pas du point de vue des couleurs et des textures avec un univers cinématographiques d’origine créé à partir de décors en dur, de matte-painting et de maquettes et né en outre sous les auspices d’un temps où l’on faisait plus confiance aux scènes d’exposition et aux scènes contemplatives (voir le premier Alien et Blade Runner) qu’aux scènes d’action.

Ayant déjà eu à subir Prometheus, je me passerai de voir Alien : Covenant.

Strum

PS : Le cinéma s’est toujours nourri des autres arts. Dans le cinéma classique, de très nombreux films furent adaptés de livres et de pièces de théâtre. Cependant, trois aspects au moins rendent la situation actuelle particulière : (i) l’accélération du recyclage (on recycle, on remake, beaucoup plus vite que par le passé) (ii) la primauté (quant aux budgets alloués) des séries cinématographiques où l’on recycle à l’intérieur de la série elle-même (on fait appel à la mémoire du spectateur, à des codes, des référents déja connus) alors qu’avant on adaptait des récits extérieurs au cinéma (c’est donc l’art du récit qui primait) et (iii) les impossibilités infinies ouvertes par la révolution numérique en matière de recyclage puisque maintenant on en vient même à recycler des acteurs déjà morts (voir le dernier Star Wars – et ce n’est qu’un début).

PPS : Entre autres nouvelles, la France a donc un nouveau Président. Mais connaissant la difficulté qu’il y a à discuter de politique sans susciter des incompréhensions ou sans créer de ressentiment ensuite (même avec la meilleure volonté du monde), je m’abstiendrai pour le bien de ce blog de tout autre commentaire sur le sujet (commentaires qui sont de toute façon légions ailleurs, pour le meilleur et pour le pire). 🙂

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23 commentaires pour Recyclages (et séries cinématographiques)

  1. kawaikenji dit :

    Alien Covenant, c’est un bébé mis en route par Scott seul (idem pour Blade Runner) et non à l’initiative d’Hollywood, donc ça reste une démarche auteuriste quand même. Et pour le coup un mauvais Ridley Scott c’est toujours mieux que n’importe quel Star Wars ou Indiana Jones !

    • Strum dit :

      Je n’ai pas une aussi haute opinion de Scott que toi (Prometheus une démarche auteuriste ?) mais quoiqu’il en soit le grand recyclage que j’evoque est récurrent depuis plusieurs années à Hollywood. Quant aux mauvais Scott il commence à y en avoir beaucoup.

      • princecranoir dit :

        Personnellement je dirais qu’il y en a toujours eu beaucoup. Je reconnais avoir une certaine affection pour ce réalisateur, qui signa évidemment des films qui marquèrent ma mémoire durablement dans ma jeunesse (Blade runner, les Duellistes, Alien bien sûr) et d’autres, plus récemment (American gangster, Kingdom of Heaven dans sa version longue, Gladiator, body of lies et même, j’ose le dire, une bonne partie de son Robin des Bois). Et puis il y a le reste. Et ça fait un paquet de films (surtout récents) qui iront rejoindre « GI Jane » au rang des films ratés. J’inclus évidemment « Prometheus » que j’ai trouvé, comme toi, souvent grotesque. Reste l’esthétique indéniablement maîtrisée par sir Scott, mais qui ne cache souvent qu’une coquille vide.

        Je te rejoins Strum sur l’ensemble de ton propos sur le « recyclage » opportuniste des grands studios. Tous ces projets en prévision ne m’attirent plus du tout, toutes ces grosses machines qui tournent à vide, très souvent décevantes et sans intérêt, qui font finalement pire que des remakes en galvaudant des œuvres qui se suffisaient à elles seules. Le temps des serials a vécu en effet, aujourd’hui la création se décline en séries à la télévision, non plus sur grand écran. Le seul à tirer malgré tout son épingle du jeu, de par son statut particulier et quasi précurseur, c’est finalement « Star Wars » qui fonctionne comme ces séries B d’antan mais avec des moyens visuels colossaux. « Mad Max » est aussi un cas à part, une sorte d’expérience due à un créateur qui a fini par faire bien mieux que tout ce qu’il avait réalisé auparavant.

        • Strum dit :

          Oui, je suis d’accord (même si j’ai perdu mon affection pour Scott malgré Blade Runner que j’adore) – y compris sur le dernier Mad Max qui effectivement et fort curieusement (l’exception qui confirme la règle) était un meilleur film que ce qui a précédé.

  2. Ronnie dit :

    Recyclage, tout pareil aucun intérêt pour ce qui me concerne, je vais de ce pas ou presque me refaire le tout splendide The Duellists histoire de revenir aux bases Scottiennes.
    Sur Paris quelques jours, j’ai aperçu cet a-m dans le 1er arrdt le méga barnum relatif au tournage du dernier Cruise, Waow ça fait du monde, pas vu le client cela dit …… 😦

  3. J.R. dit :

    Sans faire de politique, au sens d’exprimer une opinion : il n’y a pas que le cinéma qui subit l’influence des séries, il y a l’information en continue. On ne sait même plus si on doit être horrifié ou excité par une information dramatique; les présidentielles sont un feuilleton continu 5 ans/5. Et je regarde…
    Sinon tout à fait d’accord avec cet article. Il faudrait également parler du nombre croissant de plans, toujours en mouvement, qui empêche de plus en plus d’ENTENDRE un discours, une parole… Tout ce qui compte c’est s’abrever d’images ou d’action. Mais j’insiste, aujourd’hui, même le film « intelligent » est formaté pour un public ciblé. Pour enterrer le cinéma je choisi Haneke, c’est un parfait croque-mort.

    • Strum dit :

      En effet, d’accord avec toi J.R., tant sur l’information en continue (qui supprime le recul et donc empêche de réfléchir) que sur le nombre de plans en mouvement (du moins dans le cinéma grand public).

  4. modrone dit :

    De ton avis pour l’épidémie de recyclages. J’hésite pour Alien:Covenant. Mais je tiens surtout à te dire mon assentiment total pour ton P.S. Mais alors total.

  5. Strum dit :

    Oui, inutile d’en rajouter. Sinon, je lis que Scott nous prépare moult suites à cet Alien : Covenant si celui-ci est un succès commercial. Une des difficultés soulevées par la roue du recyclage est qu’il est difficile de l’arrêter une fois qu’elle tourne…

  6. tinalakiller dit :

    Bien parlé !
    Un remake, à la base, pourquoi pas, ne soyons pas puristes. Après tout, comme le disait Friedkin (on se souvient de son Sorcerer – même si on pourra aussi dire qu’il s’agit finalement d’une deuxième adaptation du roman de Georges Arnaud), on rejoue bien des classiques au théâtre sans cesse et sans cesse. Mais pour la plupart de ces remakes et co, on est dans la paresse. Il n’y a pas de proposition artistique. C’est à l’image de notre société finalement.

  7. ornelune dit :

    Je reviens ici dès la fin de semaine, le rendez-vous est pris. Néanmoins, les mots et bouts de phrases que mes yeux accrochent au passage, ne serait-ce que le titre, ne valent rien de bon pour Scott. Le film n’a même pas droit à une illustration dans cet article !

    Chez moi pas de Tunnel coréen (sauf si le trou creusé avait fait tomber suffisamment de spectateurs pour éclairer l’oeil avide de notre exploitant) ni quelque autre originalité, je vais voir donc voir Alien Covenant (ou Prometheus 2, je m’y perds), demain, et prendrai le temps de lire vos commentaires ensuite !

  8. ornelune dit :

    J’aurai tendance à laisser une chance à Scott malgré tout (quoique je sente l’énorme gâchis que va être Blade Runner, les premières images vues ne me convainquent pas et me rappellent qu’il est plus que temps pour Ford -depuis Le Réveil de la Force- de prendre sa retraite).

    Pour ce qui est du recyclage, c’est une question qui revient régulièrement. Ce serait intéressant de voir si la question se posait dès les premiers remakes (les années 1930 refaisant à leur sauce les films faits avant guerre ?) ou si elle est posée davantage ces dernières années… Sans prendre de grands risques j’avancerais, les années 1970, le développement de la société de consommation et des loisirs de masse ?

    En fait, la question est davantage posée et plus régulièrement, forcément, parce que ceux qui écrivent sont plus nombreux que par le passé (depuis que Truffaut a dit que l’on a tous deux métiers, le nôtre et celui de critique et depuis l’archi-déploiement des moyens de communication). Les films recyclés sont plus nombreux, aussi car la production cinématographique elle aussi augmente. Il y a davantage de recyclage parce qu’il y a plus de films.

    On pourra aussi rétorquer que l’inventivité des studios s’est développée à l’intérieur même de ce recyclage : aux remakes et aux suites habituelles, ce sont ajoutées les suites pour raconter l’histoire avant et puis pour raconter une autre histoire liée et puis celle où l’on raconte l’histoire de ce type qui semblait intéressant mais qui était négligé etc. Prequel, sequel, spin off, reboot, cross-over… C’est toujours faire grandir le même univers me direz-vous et vous n’aurez pas tort.

    Et puis il y a le recyclage d’auteur, Les milles et une nuit de Gomes (un titre qui me vient à l’esprit) ou La La Land recyclage massif… duquel naît tout autre chose par la même occasion. La création n’existe que parce qu’il y a une création antérieure. Bon je ne mets pas tout sur le même plan, j’avance juste des idées çà et là et propose seulement des pistes…

    • princecranoir dit :

      Comme Benjamin, je pense en effet que ce qui est nouveau depuis quelques temps c’est cette volonté de répondre à la clameur des fans qui veulent des éclaircissements sur les zones d’ombre de leurs films préférés. En découlent les cross-over et les spin-off, préquels et séquelles toujours moins passionnant que le l’opus original. Dernière preuve à l’écran cet « Alien : covenant  » qui n’attise plus la curiosité que des fans hardcore, futurs déçus du premier rang de ne pas avoir encore les réponses à toutes leurs attentes.
      Bien sûr on objectera qu’en leur temps, « Les vampires » de Feuillade faisaient sensation, que les « Mabuse » de Fritz Lang étaient de formidables laboratoires de création. Des œuvres qui néanmoins ne répondaient qu’aux désirs d’un cinéaste et pas au cahier des charges de studios soucieux d’offrir aux acheteurs de tickets de cinéma tous les motifs qu’ils attendent.
      Et comme toi Strum, je pense que cette tendance est encouragée par les possibilités du numérique, qui dématérialisent les ambiances et plongent le spectateur dans une regrettable passivité. Certes on sursaute pendant « Alien : covenant », mais jamais l’angoisse véritable ne naît dans ce faste glacial. Ces séries A finissent par devenir des caricatures aussi grotesques que le furent les sympathiques séries B de la Universal naguère, studio qui compte bien remettre d’ailleurs le couvert en réveillant ses monstres d’antan, renouant avec ses vieux démons qui la poussèrent à faire se croiser ses monstres, en les déclinant à toutes les sauces. Un peu plus tard la Hammer fera de même et épuisa ses filons les uns après les autres avant de s’effondrer.

      • Strum dit :

        Effectivement, cette volonté d’éclaircir chaque point, de tout vouloir rationaliser jusqu’à l’incohérence, est très préjudiciable. Alien était un excellent mélange d’horreur et de SF qui fonctionnait en grande partie grâce à la simplicité de son postulat de départ. Vouloir en faire une saga pseudo-philosophique sur la destinée de l’humanité, prétexte officiel de l’exploitation du filon commercial, est prétentieux et un peu ridicule.

  9. Strum dit :

    Tu as raison de rappeler que « la création n’existe que parce qu’il y a une création antérieure ». Le cinéma s’est toujours nourri des autres arts. Dans le cinéma classique, beaucoup de films sont adaptés de livres et de pièces de théâtre. Et comme tu le dis, les remakes ne sont pas une nouveauté. Cependant, trois aspects me frappent dans la situation actuelle : (i) l’accélération du recyclage (on recycle beaucoup plus vite que par le passé) qui fait penser à des cycles de production et de consommation, (ii) l’explosion des séries sur le modèle d’un univers étendu, où l’on recycle à l’intérieur du cinéma lui-même (on fait appel à la mémoire du spectateur, à des codes, des référents déja connus) alors qu’avant on adaptait des récits extérieurs au cinéma (c’est l’art du récit qui primait) et (iii) les impossibilités infinies ouvertes par la révolution numérique en matière de recyclage puisque maintenant on en vient à recycler même des acteurs déjà morts. A mon avis, tout cela rend ce qui se passe différent de ce que l’on a vu par le passé. (tiens, je rajouterais bien cela en PS)

  10. J.R. dit :

    Pour rebondir sur le sujet, et sur le cinéma de consommation, en général, j’ai eu vent via le forum Classik d’une polémique née à Cannes au sujet de films directement disponibles sur netflix, sans exclusivité en salle. Je suis certain qu’à brève échéance le film de salle classique, va disparaître. Il y aura certes des salles d’attraction 4DX 5D 6D (ou le spectateur composera son programme à la carte), mais le gros des sorties se fera via des plateformes. Les écrans géants à la maison c’est au moins la garantie de ne pas côtoyer de mangeur de popcorn. Le recyclage fera long feu…Les producteurs auront une série de données sur chaque spectateur qui fera ces choix sur un grand marché personnalisé. Bref l’horreur numérique.
    PS : En parlant de Cannes si Haneke remporte une troisième Palme, je promets ne plus jamais suivre ce festival en dehors de l’évolution des tenues de Monica Bellucci. Une cérémonie d’ouverture avec un énième « le cinéma est sans frontières » : à quand un nouvel axiome ? Et une Lili Rose Deep qui n’avait rien à faire là…

    • Strum dit :

      Oui, j’ai évoqué d’Okja de Bong Joon-ho, produit par Netflix et sélectionné à Cannes, dans ma note sur Snowpiercer. Les formes de diffusion du cinéma sont amenées à se diversifier, mais je pense, en tout cas à moyen terme, qu’il y aura toujours dans les grandes villes un petit circuit de salles pour les amateurs de films art et essai (ou disons moins grand public). Quant à Cannes, je n’y fais plus beaucoup attention depuis un moment.

  11. Silmo dit :

    Autant j’aime la gastronomie, la cuisine exotique, les soupers fins, voire la cuisine moderne, autant j’ai le plaisir (régressif ou pervers?) de ne pas dédaigner un passage au McDo trois ou quatre fois par an, même si le double-cheese y est formaté, pas fidèle aux affiches et sans beaucoup d’âme.
    Exactement pareil pour le cinoche, j’aime mes grands classiques, les indé, les films d’Auteurs, tout ça…! mais je me réjouis aussi de certains blockbusters car tous ne sont pas des bouses (comme pour le hamburger, y a McDo, Quick et Cie, on peut choisir).
    S’agissant de Prometheus, tout n’y est pas bon, loin de là, mais j’avais bien aimé cette métaphore de Noël avec apparition d’un être hors du commun, mis au monde par une femme vierge de tout enfantement (en tout cas réputée, ne pas pouvoir enfanter), la nuit du 25 décembre (la présence d’un sapin de Noël plein de guirlandes dans un vaisseau spatial est un indice troublant), etc, etc.
    Par ailleurs, le personnage de David (Michael Fassbender) est assez fascinant.
    Ce genre de truc me suffit pour passer une bonne soirée.
    A un niveau de bien moindre qualité, je suis d’accord qu’il n’est pas utile de re-re-refaire Spiderman avec un troisième acteur, uniquement pour pouvoir insérer le nouveau champion de la toile dans les films de ses autres amis en collants.
    Par contre, je défends vigoureusement la franchise StarWars y compris ses dérivés les moins convaincants car il s’agit assurément du mythe de notre époque… L’antiquité classique avait les écrits d’Homère, Rome a eu l’Enéide puis le Moyen-Âge la geste d’Arthur ou la Renaissance celle du Roland furieux. Notre époque moderne n’a pas produit de meilleure mythologie que celle de G Lucas. Rien n’y manque que l’on trouvait déjà dans l’Iliade, les Atrides et la Table ronde (drame, régicide, parricide, etc). Dans quelques siècles, on aura sans doute oublié la série d’Alien mais StarWars demeurera un mythe primordial du XXeme s., c’est sûr.
    Ensuite, on peut regarder le détail : tel film plus mauvais que tel autre, tel personnage pas cohérent, telle infidélité, etc… Par exemple, dire que « Rogue One » est assez correct (au moins sa deuxième partie) alors que le « Réveil de la Force » était bof-bof… Pourtant les deux font désormais partie d’un tout qui n’est pas du même ressort que les Peter Parker successifs dont la répétition lasse.

    Silmo

    • Strum dit :

      Hello Silmo. Je n’écrivais pas contre les blockbusters en général. Il y en a des bons et occasionnellement je peux en regarder. Prometheus pris séparément se laisse regarder même si la fin est quand même assez grotesque. De même, les thèmes qu’y développe Scott sur cette intelligence artificielle qui menace la survie de l’espèce humaine en échappant à son créateur à coup d’expérimentations sur le vivant ne sont pas inintéressants. Le problème est cette manie (propre à notre époque) de vouloir donner des explications rationnelles pour tout, de vouloir élucider tous les mystères ou les non-dits de films passés. Personne (enfin presque…) n’avait besoin de savoir d’où venait Alien. Le prix du premier Alien tenait dans la peur de l’inconnu, dans l’arbitraire de cette créature qui se mettait à tuer sans raison. Recycler Alien pour en faire une nouvelle trilogie de films portant d’autres interrogation était non seulement inutile (autant ne pas relier ces nouveaux thèmes à Alien) mais reniait la spécifité et les mystères du premier film. Quant à Star Wars « mythe primordial du XXe siècle », c’est un autre sujet. Je suis moins convaincu que toi de la valeur de ces films (d’un point de vue formel, ce n’est pas pour moi du grand cinéma) et encore moins de leur portée mythologique (il manque de la matière et il y a moins de richesses dans l’univers de Star Wars que de redites) – j’y vois surtout une formidable série d’aventures pour petits et grands (dans l’ensemble). L’aventure, c’est bien aussi, et il y a nombre de grands récits d’aventures qui ont été des succès considérables sans pour autant être devenus mythologie. Un des premiers posts de ce blog était d’ailleurs consacré à ce sujet. 🙂

  12. J.R. dit :

    Je reviens sur ce sujet essentiel : le recyclage. Je viens d’entendre Roland Joffe à la fin d’un doc sur ciné-geant résumer le problème. Il voit dans Thé Hobbit un film qui aligne des clichés prévus pour des séquelles, ou chaque scène ressemble à la précédente. Il revient sur la main mise des multinationales sur le système américain, la marginalisation du producteur, et l’obsession du remake, qui assure la rentabilité à l’infini. Je résume mal des propos précieux… Que j’invite à écouter, et qui valent bien mieux pour la « critique » d’entendre, que de dresser des listes de tops ou de flops (maladie infantile de la critique 2.0).

    • Strum dit :

      Effectivement, si Le Hobbit est une aussi mauvaise adaptation du livre de Tolkien (jusqu’à ne ressembler à rien), c’est parce que l’esprit de franchise a complètement envahi ce film étendu inconsidérément en trois parties. Les tops, cela peut avoir un intérêt s’ils sont explicités et accompagnés d’un texte. Les « flops » en revanche, cela me dépasse un peu (je n’y vois aucun intérêt).

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